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Le palmarès
de Scènes 2.0


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Débats

Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 21:10
Bloggeur n'est pas toujours une posture enviable.

On le sent bien, même s'ils ne nous le disent pas : les journalistes nous détestent, au mieux nous ignorent. Nous les citons souvent, ou du moins nous renvoyons à eux ; ils ne nous citent jamais. Ils nous voient comme une menace et un démenti. Ce n'est guère mieux du côté des programmateurs et des compagnies, qui généralement font comme si nous n'existions pas. Assez naïvement, je crois, ils s'imaginent que la presse traditionnelle est investie d'un prestige et d'une aura intemporels, et qu'il vaudra toujours mieux se parer de la critique fadasse d'un quotidien plutôt que de la critique enflammée d'un bloggeur.

Pourquoi tant de haine ? D'abord simples spectateurs, nous faisons l'effort de n'être pas de simples consommateurs, et nous faisons notre métier de critique amateur ou gratuit avec autant d'honnêteté que possible, en payant généralement nos places, sans recevoir aucune rémunération, ni même, le plus souvent, de commentaires de nos lecteurs !

De plus, nul doute que nous soyons utiles : la presse traditionnelle ne rend compte que d'une infime partie des spectacles offerts aux citoyens, au point souvent de ne consacrer qu'un seul article à tout un festival ; nous analysons et décrivons donc quantité de spectacles, soutenons des artistes qu'elle néglige alors qu'ils méritent amplement leur place sous le soleil médiatique.

Certes, les choses changent peu à peu. Ces derniers jours, par exemple, Un soir comme un autre a eu les honneurs du tableau de presse du festival Artdanthé au théâtre de Vanves : toutes ses critiques du festival y étaient affichées - du moins les bonnes. Mais à un autre d'entre nous, qui vient de demander des invitations aux organisateurs du Kunstenfestival des Arts de Bruxelles, on a ri au nez...

Ibant obscuri sub sola nocte, comme disait le Poète* ; nous continuerons malgré tout à faire partager nos passions, et à faire oeuvre de poil à gratter.

*Ils allaient obscurs, seuls dans la nuit (Virgile).
Par Scènes 2.0 - Publié dans : Débats
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 11:15
Notre société vit dans la surévaluation permanente. L'avis du consommateur, réel ou fabriqué, fleurit sur Internet. La démocratie consommatrice est née - je n'entends pas la juger ici, mais seulement constater son avènement.

Faut-il noter aussi le spectacle vivant ? N'est-ce pas le rabaisser à l'état de marchandise, renvoyer l'Artiste sur le banc d'école ?

Tout dépend ce qu'on entend par notation. A mon sens, la notation de Scènes 2.0 n'est qu'un repère visuel pour dire, en un mot, si l'on a apprécié une oeuvre ou non. Ni plus ni moins. Elle peut aider à se retrouver dans une offre extrêmement foisonnante, dans laquelle le spectateur occasionnel a bien du mal à ne pas se perdre.

C'est affaire de tradition : la notation se pratique depuis assez longtemps dans le domaine du cinéma, et personne ne songe à s'en offusquer. Peut-être parce que le cinéma, à ses origines, a été considéré comme un art populaire et industriel, bas. Imaginerait-on de noter une sculpture ou un tableau ?

Je vois à la notation un autre avantage. Outre qu'elle clarifie la position du critique vis-à-vis de l'oeuvre, elle lui permet de se concentrer précisément sur les aspects essentiels de son travail, la description et l'analyse.

La notation est aussi une arme tranchante. Elle ne permet pas l'ambiguïté. Elle oblige le critique à prendre parti. Pour l'internaute consommateur, elle peut avoir un rôle de prescription qui peut être dangereux, en le détournant d'office de spectacles qui seraient mal notés. Je crois que les participants actuels de Scènes 2.0 en sont tout à fait conscients et qu'ils sauront en user avec modération.

Pour trivial qu'il puisse paraître, le palmarès de Scènes 2.0 offre une autre lecture de l'offre performative : il fait clairement apparaître que tel spectacle surmédiatisé, traîné en tournées mondiales, est peut-être surestimé ; que tel autre, confidentiel, mériterait d'être mieux connu ; que tel autre, encensé là, dénoncé ici, divise.

Par Scènes 2.0 - Publié dans : Débats
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /2007 01:16
- Au dernier congrès extraordinaire de l’Association internationale des critiques de théâtre, réuni a Séoul le 31 octobre 2006, de nombreux critiques se sont retrouvés pour discuter du besoin d’une nouvelle critique. Chaque région du monde (Europe, Asie, Amérique du Sud, Amérique du Nord – l'Afrique, c'est vrai, était absente) s'est organisée pour trouver « le chemin ». Les présentations peuvent être lues en ligne (textes en français, souvent signés par des univeristaires).

- A lire régulièrement, le site Sarma, réseau belge qui nous présente les réflexions de plusieurs critiques de danse européens. A écouter, surtout, le discours d'Irit Rogoff, chercheuse qui travaille en Angleterre et a donné une conférence à Berlin, dans le cadre du Tanzkongress, sur l’idée du critique comme corps en mouvement.

- parfois, le website brésilien idança offre des textes en anglais sur ce que se passe sur la scène brésilienne mais aussi en Europe.

- A découvrir, aussi, les mots sensibles de Deborah Jowitt, la grand dame de la critique nord-américaine, dans une interview de Sarah Michelson, originellement publiée dans le Movement Research Performance Journal 25.
Par TBC - Publié dans : Débats
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /2007 11:27

Criticising is not an act absent of guilt. This hypotheses of legitimization is not absent of guilt. Criticising is an act of public intervention, it’s a political choice, it’s a statement whose echoes should be felt, and perceived, on the moment that is being produced without distrusts or modesty, but mainly without being afraid of facing windmills that do nothing else than roar. Criticism is an act of reacting that cannot be dissociated from the one who does it. There’s not a hygienic, aseptic and educated criticism. Instead what exists is a process of reflecting publicly that cannot abdicate of an intense relation with its surrounding (and on this I include cultural, social, political and economical surrounding). It’s that context that legitimises criticism and the critic. It’s that context that alienates and annihilates criticism and the critic. The critic is part of that process of ending specially if he not considers and understands that being a critic is not an institutional position never to be questioned. That questioning begins on him, its something that’s conquered everyday in each text, on each choice, on the next show.

Par Tiago - Publié dans : Débats
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 /10 /2007 11:29
Définition du mot divertissement, selon le dictionnaire Hachette:

1/ Sens commun: récréation, distraction, passe temps.
2/ Sens premier (du latin divertare): Ce qui divertit quelqu'un, le détourne momentanement de ce qui l'occupe "Chercher le divertissement et l'occupation au dehors" (Pascal).

Guy - un soir ou un autre
Par Scènes 2.0 - Publié dans : Débats
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Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /2008 11:10

Le manifeste du 9 mars 2008

 

Il est impossible de parler de la danse.

Ce n’est pas une raison pour en parler n’importe comment.

Ce n’est pas une raison pour en parler en employant des mots pré-pensés, qui se reproduisent  ad nauseam de textes en textes, tels des pièges à connivence, des points de repères trop rassurants, vidés depuis longtemps de toute substance.

Ecrivons autrement.

Pensons autrement.

Pensons.

Je propose donc à mes camarades d’adhérer à la chartre suivante, et de proscrire désormais de nos textes autour du spectacle vivant les 7 termes suivants:

 

 

  1. Questionner

N’écrivons plus : « en sortant de la scène, Eric Bernard-Jean questionne son rapport à l’espace fictionnel »

N’interrogeons que des êtres pourvus d’intelligence, donc susceptibles de nous répondre.

Laissons l’usage de ce terme aux professeurs et aux policiers.

  1. Interroger

Même faute, Même punition

  1. Champs

N’écrivons plus: « Pendant 5 heures, Eric Bernard-Jean entreprend l’épuisement des champs narratifs »

Laissons l’usage de ce terme aux agriculteurs. 

  1. Mettre à nu

N’écrivons plus : « La danse met le danseur Eric Bernard-Jean à nu et révèle son être intime »

            Rendons l’expression à Edgar Poe et Charles Baudelaire.

  1. Produire

N’écrivons plus: « Eric Bernard-Jean parvient à produire du rire avec de la danse » ou «le corps n’est produit qu’en se produisant » 

Laissons l’usage de ces termes aux industriels. 

  1. Convoquer

N’écrivons plus: «  Avec Eric Bernard-Jean, la danse convoque l’ensemble des arts de la scène »

Laissons l’usage de ces termes aux proviseurs et aux Assedics. 

  1. Intime

N'écrivons plus: « La performance d’Eric Bernard-Jean  traverse la notion d’intimité et ses différents modes de représentation dans le monde contemporain. »

Laissons l’usage de ce terme aux gynécologues.

 

Tolérons ces termes uniquement quand employés dans leurs usages premiers.

On continuera, à regret, à user des mots « corps » et « texte », trop lus, mais difficilement substituables.

En veillant à ne pas en abuser.

 

J’engage tous mes amis spect-acteurs, et au-delà, à signer ce manifeste du 9 mars 2008.

Sont aussi les bienvenus dans cette démarche les journalistes professionnels, les artistes qui s’expriment quant à leurs travaux, les responsables de lieux, leurs porte-plumes et de manière générale tous les acteurs de ce milieu amenés à produire -pardon, à rédiger- des textes à propos du spectacle vivant.

 

Guy - Un Soir Ou Un Autre

 

Par Scènes 2.0 - Publié dans : Débats
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